Soutenance de thèse : 7 conseils pour bien s’y préparer

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(Si vous êtes en phase de rédaction, le bonus “accélérer l’écriture de sa thèse en connaissant les attendus” est en bas de page)

 

La soutenance de thèse, c’est LE moment de consécration et de délivrance à la fois.

C’est l’occasion de présenter les résultats de ses – longues – années de travail de recherche et de défendre sa thèse devant un jury de professionnels et son directeur de thèse.

Devant de tels enjeux, pas étonnant que l’on veuille réussir sa soutenance de thèse et trouver les meilleurs conseils, faire une pré-soutenance de thèse ou rédiger parfaitement son discours de soutenance.

Mais peut-on vraiment rater une soutenance de thèse ? (on s’est pour la plupart imaginé une catastrophe de type « et si le jury se dit qu’en fait c’est mauvais et me dit non » 😅).

Surtout, comment être prêt.e le jour venu ?

Mais avant, il faut distinguer « prêt » et « préparé ». « Prêt », c’est un ressenti sur lequel on n’a pas de contrôle. « Être préparé », c’est un processus : on est préparé parce qu’on a fait tout ce qui était en notre pouvoir. L’objectif de cet article est de savoir comment être préparé pour soutenir sa thèse.

Cet article se base sur des retours d’expérience de docteur.es qui sont passés par là !

Conseil n°1 : Peut-on rater une soutenance de thèse ? (exemple d'un échec) 😨

La question qui terrifie tous les doctorants a une réponse en fait relativement simple : c’est possible, mais ça ne devrait jamais arriver.

Et pour une raison très simple. 💡

Une soutenance de thèse ratée voudrait dire que la thèse n’était pas soutenable. Or, c’est le ou la directrice de thèse qui va déclencher la soutenance (si elle considérée soutenable justement). Puis le rapport de soutenance fait par des membres du jury avant la soutenance confirme la possibilité pour la thèse d’être soutenue publiquement.

L’étape clé n’est donc pas la soutenance en elle-même. Elle va éventuellement servir à décider à quel point la thèse apporte une contribution à la discipline, ou si elle mérite d’être publiée, etc.

L’étape clé, c’est l’accord de la direction de thèse qui décide que la thèse est soutenable.

Après avoir interrogé une administration en charge des soutenances, voilà la réponse obtenue :

« Depuis que je travaille ici, je n’ai jamais entendu parler de doctorant.e qui aurait soutenu sa thèse mais n’aurait pas eu son doctorat.

C’est arrivé une seule fois. Mais le doctorant avait plagié. On lui avait clairement dit qu’il avait plagié et qu’il devait changer son texte. Il a décidé malgré tout de venir à la soutenance sans rien changer. Pour le sanctionner, son doctorat ne lui a pas été accordé. »

Conseil n°2 : Pré-rapport : savoir à quoi s'attendre ⏳

Important : Entre le dépôt de thèse pour envoi des impressions aux membres du jury et la soutenance, vous recevrez un « rapport de soutenance » ou « pré-rapport ».

La chronologie est donc : fin de thèse -> impression -> envoi des impressions aux membres du jury -> deux membres (rapporteurs) vous envoient un rapport  -> puis c’est la soutenance.

Le pré-rapport sur la soutenance de thèse est un document envoyé par le jury avant la soutenance, qui reprend les points forts et les points à améliorer de votre travail de recherche.

De manière générale, on sait les 3 questions que se posera le jury.

Mais ce rapport est plus précis : il peut faire de 4 à 8 pages en moyenne, souvent un à deux rapporteurs de thèse donnent leur avis sur la thèse et si elle est soutenable.

Les points positifs sont évoqués. Les points négatifs aussi. Les grandes lignes de la soutenance à venir sont déjà tracées. 

Pour l’essentiel, la préparation de la soutenance consiste à préparer ses réponses aux éléments négatifs qui ont été pointés dans le rapport.

Il peut s’agir de commentaires :

 Sur la forme (un plan déséquilibré, un index mal conçu, des titres peu explicites).

 Sur le fond (des notions insuffisamment définies, une partie du terrain trop peu exploitée, etc).

Si vous décidez de vous entraîner en faisant une pré-soutenance de thèse avec des amis, des collègues ou votre direction de thèse, ce document sera la base des points sur lesquels il faut travailler.

Conseil n°3 : Rapport de soutenance: comment se préparer?

Se préparer à la soutenance est très difficile. Mais ce sera un des temps les mieux investis de toute la thèse tant la compréhension / prise en compte des observations et recommandations du jury est décisive.

1/ Ne vous découragez pas si le pré-rapport contient des critiques ou des points à améliorer. Cela fait partie du processus de soutenance et c’est une occasion de montrer votre capacité à écouter et à prendre en compte les remarques du jury.

2/ Prenez le temps de bien comprendre les points soulevés par le jury et de vous préparer à y répondre pendant la soutenance.

Au fond c’est un bon point : ils mentionnent les critiques, vous avez des jours voire des semaines pour vous y préparer ! 

3/ Si le pré-rapport contient des observations ou des recommandations que vous n’avez pas prises en compte dans votre travail de recherche -> n’hésitez pas à expliquer pourquoi et à présenter les éléments qui vous ont conduits à cette décision. Souvent ils veulent avant tout comprendre vos choix.

4/ Si le pré-rapport contient des erreurs ou des inexactitudes -> préparez-vous à les corriger ou à les clarifier pendant la soutenance.

5/ N’hésitez pas à demander conseil ou assistance à votre directeur de thèse ou à d’autres personnes de votre entourage pour vous aider à réagir au pré-rapport.

Ce pré-rapport sur la soutenance de thèse est une opportunité de montrer que vous êtes à l’écoute des remarques du jury et que vous êtes capable de prendre en compte leurs observations et recommandations dans votre travail de recherche.

Conseil n°4 : Discours de soutenance de thèse : comment bien le rédiger ? ✍️

Votre discours de soutenance est un des moments clés de la soutenance. Ce discours correspond au temps qui vous sera laissé en début de soutenance pour présenter ce que vous avez fait (votre école doctorale vous le dira : parfois 10-15 minutes, parfois jusqu’à 45 minutes).

Ce discours est assez simple et suit généralement la structure suivante :

–> Remerciements aux membres du jury pour l’intérêt accordé.

–> Puis remerciements au directeur ou à la directrice de thèse.

–> Explication des origines du projet, puis des différentes interrogations qui se sont posées et qui ont fait évoluer la thèse, jusqu’à sa forme dans sa version finale (éventuellement, mentions des obstacles majeurs rencontrés pendant vos recherches).

–> Mise en avant des apports de votre thèse. Apports à votre discipline de manière générale, et apports à la connaissance de votre objet de manière plus particulière (les acteurs, les processus, les instruments, etc).

–> Éléments conclusifs. Généralement très courts, ils peuvent être l’occasion d’une très brève ouverture sur ce qui peut être fait par la suite.

Votre but est donc de retracer votre trajectoire plus que de réexpliquer votre thèse que tout le monde a déjà lue.

Conseil n°5 : Discours de soutenance de thèse : réussir sa présentation 🎤

Vos deux vrais problèmes pour réussir votre discours de soutenance vont être sa préparation et sa répétition.

Ces deux points sont des fausses évidences. On sait qu’il faut le faire. Mais le temps que ça prend est largement sous-estimé. 😬

Le temps de présentation est extrêmement court. Mais travailler sur un texte bien ficelé et concis peut prendre plusieurs jours.

La répétition aussi va prendre du temps. Il faut connaître votre discours de soutenance pour regarder les membres du jury le plus possible (et votre texte le moins possible).

Pour cela, il faut avoir répété. Pour être à l’aise avec les possibles erreurs, bugs, oublis et pour avoir une intonation naturelle, il faut avoir répété. Et pour s’assurer de tenir les délais, il faut avoir répété en se chronométrant. 

Si votre discours de soutenance ou présentation inclue une présentation visuelle, les mêmes conseils s’appliquent. Généralement, on évite plus de 3-4 tirets par slide pour que ça reste clair et aéré.

Si vous n’arrivez pas à justifier la présence d’un graphique ou schéma sur une slide, il doit disparaître (pas d’éléments en plus « au cas où »). Un bon substitut est de faire une annexe dans votre Powerpoint après la slide « conclusion » -> si on vous pose une question, vous allez montrer le graphique présent dans l’annexe, mais ça n’encombre pas la présentation en elle-même.

Conseil n°6 : Soutenance de thèse - bien répondre aux questions posées

Durant la soutenance, des questions seront difficiles, d’autres surprenantes. La ligne directrice est de rester calme et pro. Les questions durent de 1h à 2h, parfois jusque 3 heures.

Sur la préparation, ChatGPT peut servir à de nombreuses choses pour la thèse : si vous lui donnez suffisamment d’éléments, notamment en lien avec votre rapport de soutenance, il peut poser différentes questions pour faire une pré-soutenance de thèse (toutes les questions ne seront pas utiles, mais toutes ne seront pas inutiles).

Pour la soutenance en elle-même, là encore, des conseils précis ont montré leur efficacité à travers toutes les soutenances que j’ai pu voir :

–> Prenez le temps de comprendre la question avant de répondre et, si nécessaire, demandez une précision ou un éclaircissement. Ça ne sera pas mal vu, ça vous laisse plus de temps pour réfléchir et surtout vous vous assurez de ne pas répondre à côté.

–> Soyez clair et concis dans votre réponse. Plus vous donnez d’éléments sans lien précis avec la question, plus vous prenez le risque de partir sur des propos qui vont soulever d’autres questions, encore et encore. Et n’hésitez pas à utiliser des exemples ou des illustrations pour appuyer votre réponse. Dans l’ensemble, si vous avez fait une pré-soutenance de thèse avec des collègues ou amis, vous serez d’autant plus percutant.

–> Si vous ne connaissez pas la réponse, ne soyez pas gêné de l’admettre et de proposer une piste de réflexion ou de recherche pour y répondre. Personne ne s’attend à ce que vous ayez des réponses à tout. L’intérêt est aussi de montrer une capacité réflexive plus large.

–> Si vous êtes confronté à une objection, n’essayez pas de la nier ou de la minimiser. Au contraire, montrez que vous avez pris en compte cet aspect dans votre travail de recherche et présentez les éléments qui permettent de la dépasser ou de la contourner.

N’oubliez pas un point très important : vous connaissez votre thèse mieux que les membres du jury. Si une question vous paraît étrange ou un peu hors-sujet alors que vous êtes expert du sujet, c’est sans doute qu’elle l’est. D’où l’intérêt de demander des précisions !

Conseil n°7 : Les questions de forme

L’objectif de la soutenance de thèse doit être d’avoir son focus à 100% sur son discours et les questions du jury. Le reste doit vous sortir de l’esprit et être géré avant :

Préparez votre tenue : pensez à votre apparence et à votre tenue vestimentaire pour la soutenance -> des vêtements professionnels et confortables qui vous permettront de vous concentrer sur votre présentation doivent être prêts la veille.

Préparez-vous mentalement : il faut se souvenir de deux choses pour bien gérer votre stress et votre nervosité : 1/ fondamentalement, le jury ne connaît pas mieux votre sujet que vous; 2/ si vous avez suivi les étapes précédentes de préparation, vous être préparé. Vous n’êtes pas plus bête que les autres, ils n’étaient pas deux fois plus préparés que vous et ont quand même passé leur soutenance.

Préparez votre matériel : assurez-vous d’avoir tout le matériel nécessaire (ordinateur, diapositives, copies de votre thèse, votre discours, etc) et de tester les équipements avant la soutenance.

Pour conclure

La soutenance de thèse est une opportunité de démontrer votre expertise dans votre domaine de recherche.

Et au fond, le jury n’attend rien d’extraordinaire.

Si vous montrez que vous avez une bonne maîtrise de votre sujet et que vous parvenez à répondre aux questions mentionnées dans le rapport de soutenance, il n’y a aucune raison que votre soutenance se déroule mal !

Téléchargez la liste complète des conseils pour (enfin) savoir comment rédiger

Les éléments les plus importants, de la structure d'un chapitre jusqu'aux attendus du jury de thèse.

Vous recevrez le bonus "Accélérer l’écriture de sa thèse en connaissant les attendus implicites".

8 Commentaires

  1. Assadi Michel

    Très édifiant conseil

    Réponse
    • Nicolas

      Avec plaisir Michel, heureux que ça ait pu vous être utile ! 😁

      Réponse
  2. Nadia Abrouk

    Bonjour
    Je plannifie ma journée pour rédiger ma thèse mais au final je ne fais rien, entre les tâches que j’ai mon travail et les journées passent sans aucun avancement.
    Je suis devant mon pc au moins deux fois par jour mais je n’avance pas.
    Conseils svp
    Merci

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour Nadia ! Je vois deux problèmes principaux : manque de temps, et difficulté à s’y mettre.

      -> manque de temps. Avec tes contraintes, il faut revenir à une base simple avec ce qu’on appelle le “deep work”. L’idée : on peut bien avancer en peu de temps à deux conditions : 1/ si ce temps est dédié à une tâche précise et claire; 2/ avec une concentration non interrompue. Pas beaucoup, 2 à 3h par jour.

      -> difficulté à s’y mettre. Ça peut être une difficulté pour identifier une vraie tâche utile. En gros, “je suis devant mon ordi, mais je suis censée faire quoi concrètement ? Au final je passe plus de temps à savoir quoi faire qu’à faire, et c’est décourageant”. Et c’est important parce qu’on ne peut pas avoir un sentiment de travail fait si on ne sait pas ce qu’on cherchait à obtenir comme résultat. Exemples de tâches trop vagues, découpées en tâches plus digestes et réalisables :
      – “Avancer sur ma partie I” -> prendre les données que j’ai en lien avec la section 1 du chapitre 1, et les intégrer à la démonstration.
      – “Avancer dans ma liste de littérature” -> Définir ce que je cherche à trouver dans ma prochaine lecture qui pourrait concrètement m’aider (méthodo, théories, résultats, etc) et voir si l’article, en plus d’être intéressant, est pertinent. Sinon, l’enlever de la liste.

      Ce programme mélange les deux idées et ne demande que 2-3h de travail, ce qui est faisable avec un travail à côté. Mieux encore, ça permet de réelles avancées, sans pression de type “zut, si je travaille pas 5 heures tous les jours, je n’y arriverai jamais” ce qui n’est pas le cas. Avoir des tâches claires et découpées permet -> 1/ dès qu’on s’y met, on a juste à exécuter et pas réfléchir à quoi faire ; 2/ on peut l’intégrer dans un programme plus large et avoir un sentiment de progression extrêmement satisfaisant. Exemple :
      “Extraire des données de discours et les analyser”. Ce n’est pas une tâche, c’est un objectif qu’on découpe :
      – Jour 1 : Identifier les sources de discours à partir desquelles vous souhaitez extraire des données.
      – J2 : collecter les discours.
      – J3 : terminer la collecte des discours.
      – J4 : établir ma méthode d’analyse.
      – J5 : tester ma méthode d’analyse avec les premiers discours et corriger si nécessaire.
      – J6-7 : analyser les discours.
      – J8 : rédiger les premiers résultats.
      – J9 : faire les graphiques et autres tableaux nécessaires.
      – J10 : faire l’introduction.
      – J11 : affiner la rédaction des résultats.
      – J12 : rédiger une première version, de l’intro à la conclusion.
      – J13-14 : affiner le développement jusqu’à version finale.
      Est-ce que sur le moment quand en J4 on a établi sa méthode d’analyse on a l’impression d’avoir avancé ? Pas vraiment. Mais les effets cumulés sont là. On avance un peu, dans la bonne direction chaque jour. Et quand on sait l’objectif attendu en jour 14, on sait qu’on avance dans la bonne direction.

      J’espère avoir pu être utile ! 🙂

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  3. AHOVIGNON A.A. Léonide

    Bonjour Nicolas, vous êtes vraiment extraordinaire. Vos conseils sont très édifiants.
    Merci

    Réponse
    • Nicolas

      Oh merci de ce très gentil commentaire ! Ravi d’avoir pu aider 😁

      Réponse
  4. AHOVIGNON A.A. Léonide

    Mon thème de recherche est: Identité professionnelle du contrôleur et efficacité du contrôle de gestion sociale dans les PME managériales au Bénin. Je voudrais vous demander si vous avez des ressources disponibles à mettre à ma disposition. Merci

    Réponse
    • Nicolas

      Je n’ai malheureusement pas de ressources spécifiques. J’ai bien vu passer des références fréquentes dans ce domaine en lien avec la « RSE » (en espérant que ce soit lié à votre question dans une certaine mesure), mais je n’ai pas la capacité d’en apprécier la qualité. Si vous souhaitez aller voir malgré tout, les voici ! En ordre chronologique : Essid & Berland, 2013 ; Capron & Quairel-Lanoizelée, 2016 ; Renaud A., 2017 ; Arena, M., Azzone, G., & Mapelli, F., 2018 ; et Cho et al., 2021.

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