Cadre théorique, revue de littérature... Les différences (enfin) clairement expliquées

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(Méthode complète pour rédiger un article scientifique téléchargeable en fin d’article)

 

Ce qu’on appelle « cadre théorique » n’est pas très clair. Alors quand on nous dit « c’est ce qui nous permet d’organiser toutes nos idées », ce manque de clarté est étonnant. Par exemple : pouvez-vous dire la différence entre cadre théorique, modèle d’analyse et revue de littérature ? 🔍

Si vous souhaitez une explication claire, avec des exemples et des cas concrets, vous êtes au bon endroit.

Je vous recommande de prendre le temps de lire et d’avoir la tête à ça, parce que je décortique ces éléments pour les rendre aussi simples que possible, mais il faut intégrer les données…

Au final ça vaudra le coup ! 💪

Parce que contrairement à ce qu’on entend, ces différentes parties ont en fait une logique très claire et des fonctions très simples.

En effet, que se passe t-il quand vous tentez de comprendre ce qu’il faut faire ? 1/ On est face à une immensité de notions, théories, auteurs et ouvrages. On oublie la moitié en cours de route et on a l’impression de se répéter; 2/ On met en avant des distinctions hyper subtiles et des conseils un peu flous :
–  Le cadre théorique, c’est le produit de la revue de littérature. (Ça veut dire quoi ?)
–  C’est une synthèse de la littérature. (Dans ce cas quelle est la valeur ajoutée ?)
–  Il sert à simplifier la collecte des données. (De nouveau, ça veut dire quoi ?)

Bref, après tout, c’est peut-être juste compliqué à comprendre.

À moins que…

Pour le dire autrement, il n’y a pas de mystère sur ce que c’est, la place qui lui revient ou l’articulation avec le reste.

La place du cadre théorique dans l'introduction

 

Je ne vais pas décrire toute l’introduction, j’y reviendrai en détail dans un autre article. Le cadre théorique c’est “rassembler la littérature mobilisée pour la thèse”. Mais pas n’importe comment, et c’est ça qui est intéressant. Pour faire simple, on sait qu’on a :
–  La revue de littérature qu’on doit expliquer.
–  Puis la méthode de notre recherche qu’on va présenter.

Le cadre théorique se trouve entre la fin de la littérature et le début de la méthode. Pourquoi ? Parce que ça décrit la manière dont on utilise certaines notions / théories / auteurs dans notre étude. Le cadre théorique c’est une série de notions / auteurs / théories qu’on voit comme complémentaires et qui vont nous permettre de mieux comprendre le sujet étudié, faire ressortir les angles d’analyse et permettre de formuler des hypothèses (de nouveau, exemples à venir, promis 👍).

Donc la littérature va dire “tel auteur dit ça”. La méthode va dire “on va collecter telle donnée”. Et le cadre théorique il s’insère entre les deux et dit “pour comprendre notre sujet, on va utiliser tel auteur qui met en avant l’importance de telle dimension, et c’est pour étudier telle dimension qu’on va collecter telle donnée”.

C’est justement parce que c’est à cheval entre les deux que certains disent que ça fait partie de la littérature, d’autres que ça fait partie de la méthode. La réalité c’est que ce n’est pas ça qui est important.

Vous remarquerez d’ailleurs qu’il y a des cadres théoriques très familiers. Si quelqu’un dit « mon cadre théorique c’est la loi de l’offre et de la demande, je vais renseigner ces deux dimensions » vous comprenez instantanément que la personne tente de comprendre un rapport d’échange, et qu’elle va étudier deux « dimensions », l’offre et la demande, le comportement des consommateurs et celui des producteurs.

 

Le cadre théorique c’est donc une charnière. Comme celle qui fait le lien entre le cadre d’une porte et la porte elle-même. Sans elle, la porte reste immobile.

La littérature en elle-même ne sert à rien. Mais comme le cadre d’une porte, c’est sur elle qu’on va faire reposer l’ensemble. Et la méthode en elle-même n’a pas de sens. Ça ne sert à rien de faire des entretiens si on ne sait pas quoi demander. Ce qui va insuffler un esprit à l’ensemble, une direction, c’est donc ce cadre théorique qui fait le lien et explique : certaines notions décrites dans la littérature disent que telle et telle dimension sont importantes, c’est pourquoi la méthode permettra de recueillir des données sur telle et telle dimension. C’est ça le boulot du cadre théorique.

Avant les exemples, une dernière distinction importante ! 🖋

 

Des distinctions élémentaires mais rarement précisées

 

Pour bien comprendre ces distinctions, commençons par là :

Le “cadre théorique”, c’est en réalité le “cadre théorique de votre thèse” donc toutes les notions qu’on mobilise pour “cadrer” sa thèse (une manière compliquée de dire qu’on ne va pas utiliser 10 théories un peu n’importe comment, mais quelques-unes tout au long de la thèse). Ça paraît évident mais ça ne l’est pas. 🤔

Parce qu’on fait le cadre théorique « de sa thèse”, mais on fait la revue de littérature « de son sujet”. Ça veut dire que la vision suivante est familière, mais trop brute et approximative -> 1/ Revue de littérature; 2/ Cadre théorique; 3/ Méthodes employées.

 

Ce qu’il faut voir, c’est que dans l’introduction, on glisse du très très large au très très particulier. C’est plus clair si on découpe les 3 catégories qu’on vient de voir en sous-catégories. Regardez bien comme petit à petit, on glisse vers notre sujet :

1/ Revue de littérature du sujet.

Revue de littérature des thèmes généraux de son sujet (grandes notions, auteurs de référence. Généralement ce sont des auteurs d’il y a 40 ans et plus).

Revue de littérature de quelques sous-thèmes. Les grands thèmes sont trop généraux et on pointe des auteurs qui ont approfondi certains aspects plus intéressants dans les décennies qui ont suivies.

Puis on développe la littérature sur le sous-thème dans lequel on se place. C’est là qu’on met la revue de littérature détaillée des questions liées à notre sujet (ce qui a été fait dans les 5 à 10 dernières années grosso modo).

2/ Cadre théorique de notre thèse. C’est là qu’on commence vraiment à sortir de la description des auteurs pour enfin dire « parmi tous ces auteurs, c’est cette théorie qui va nous permettre d’expliquer ça et ça dans le sujet de notre thèse ».

–  Explication du choix fait, c’est-à-dire pourquoi et comment certaines théories sont pertinentes pour comprendre notre sujet. 

–  Explication du choix fait dans la sélection de certaines méthodes pour étudier notre sujet.

3/ Méthodes employées :

–  « Puisque les théories qu’on vient de citer disent que ce qui est important, c’est telle et telle dimension, alors voilà la méthode qui va nous permettre de recueillir des données dessus (de manière détaillée cette fois) ».

 

D’ailleurs on pourrait être encore plus simples :
Cadre théorique / analytique / conceptuel = notions et théories utilisées dans la thèse.
Cadre méthodologique / protocole de recherche = méthodes utilisées dans la thèse.
Modèle d’analyse = cadre théorique + protocole de recherche utilisés dans notre thèse.

Sauf qu’évidemment comme c’est compliqué et que ce sont des micro-distinctions, on tend à utiliser les différentes expressions les unes à la place des autres. 📖 Par exemple juste avant, j’ai parlé de cadre théorique et j’y ai mis la méthode. Mais les idées essentielles sont bien celles-ci. 

 

Alors concrètement ça donne quoi ? 🖋

Et concrètement, avec des exemples ?

 

Les sujets de thèse / disciplines sont très diverses, mais la mécanique est la même. Prenons l’exemple d’un sujet pour montrer qu’avec le même sujet, on peut avoir plusieurs cadres théoriques 🧐 :

Sujet : comprendre le comportement et succès d’étudiants en licence.

La littérature : tout ce qui porte sur l’explication de comportements humains, de jeunes, etc. On va retrouver beaucoup de théories différentes mais prenons-en juste deux qui sont très connues. Ça permettra de développer deux exemples : « L’habitus » de Bourdieu qui explique le comportement d’individus. La théorie de l’évolution de Darwin qui explique le comportement de groupes à travers leur adaptation à leur environnement.

 

– Cadre théorique Bourdieu – option 1 : Bourdieu dit que c’est l’habitus qui permet de comprendre le comportement des individus. Les gens ont 1/ des habitudes, 2/ des aptitudes, 3/ des dispositions qu’ils ont intégrées et cela influe sur 4/ leur perception du monde. 

– Notre méthode devra alors partir de ces éléments : il faut comprendre les habitudes, aptitudes et dispositions des étudiants en licence. Le meilleur moyen semble être de faire des entretiens dans lesquels on les interrogera sur leurs habitudes de vie, leurs parcours et leur perception du monde et de la « réussite ».

 

– Cadre théorique Darwin – option 2 : Darwin dit qu’on explique la « survie » ou le succès de groupes sur la base de leur adaptation à leur environnement. Ce qui veut dire qu’il faut étudier à la fois : 1/ l’environnement et les risques qui s’y trouvent; 2/ les différentes qualités qui permettent de prospérer dans cet environnement.

–  Notre méthode devra alors partir de ces éléments : cette fois je vais commencer par étudier l’environnement des étudiants, c’est-à-dire l’Université et les conditions de vie des étudiants. Pour l’Université c’est : son niveau d’exigence, si elle est dans une grande ou petite ville, etc. Pour les conditions de vie des étudiants c’est : s’ils vivent seuls ou en famille, s’ils ont besoin de travailler à côté ou pas. Puis je vais tenter de comprendre si les étudiants les moins bons partagent certains traits, et les meilleurs d’autres traits. Par exemple, je vais prendre les 20 meilleurs étudiants de chaque promotion, les 20 moins bons, et faire une série d’entretiens sur leur mode de vie et d’organisation. Ça permettra de repérer des tendances et de dire « plus les étudiants ont telle et telle caractéristique, moins ils sont adaptés au milieu universitaire et à ses exigences ».

C’est donc ça qu’on entend par « le cadre théorique fait ressortir certains angles d’analyse ». Le premier cadre théorique place la focale sur les individus. Le deuxième sur un angle d’analyse environnemental.

On ne peut alors pas réciter une littérature et passer à la méthode. Ou dire une méthode sans l’expliquer. Ce qui fait le lien, c’est le cadre théorique qui dit :
La littérature dit que telle et telle dimension c’est important.
Et puisque ça et ça c’est important, j’ai besoin d’avoir telles informations.
Et après vous décrivez la méthode qui vous permet de recueillir ces informations.

 

La place des hypothèses là-dedans ? À partir du moment où on utilise certaines théories, certaines conclusions en découlent naturellement.

C’est parce qu’on part de la notion « d’habitus » qu’on considère que ce qui compte, ce sont les « aptitudes acquises ». Et partant de là, on va faire l’hypothèse que les étudiants qui réussissent le mieux seraient enfants d’enseignants par exemple, et auraient mieux intégré certains attendus.

C’est parce qu’on part de la théorie de l’évolution qu’on peut faire l’hypothèse que le combo Université / Travail dessert les étudiants, en les rendant « moins adaptés » au milieu Universitaire qui demande de se focaliser sur une seule tâche : les cours.

 

Le résultat : clarifier son approche

 

Faire ce lien entre littérature et méthode par le cadre théorique, c’est ça qui va vous donner l’impression que d’un coup, tout fait sens et s’imbrique. Parce que quand vous voyez clairement ce lien entre ce que vous collectez comme données et pourquoi vous les collectez, tout le reste en découle. 👏  

Maintenant, vous n’aurez plus besoin de vous demander si vous ne répétez pas trop tel ou tel auteur. Ou s’il faut placer telle notion à tel ou tel endroit.

Le cadre théorique ne doit pas parler de tout et de rien. Ni dire ce qui est intéressant dans le sujet, rien de tout ça.

Le cadre théorique de la thèse n’est rien d’autre que la description de la manière dont une théorie et ses différentes dimensions est intéressante pour étudier votre sujet.

Après, le plus dur reste de lire la littérature, ce qui est autrement plus long 😉

 

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37 Commentaires

  1. Clara

    J’ai une question : les définitions qu’on doit donner, on les met dans le cadre théorique ou dans la revue de littérature ? Ou ailleurs ? Merci pour la réponse et merci pour l’article !

    Réponse
    • Nicolas

      Question intéressante, j’ai eu le même problème ! Ce qu’il faut voir c’est qu’il y a trois types de définitions :
      – 1. Les définitions données par certains auteurs sur une question. Ici ces définitions font partie de de la littérature alors on les intègre dans la revue de littérature.
      – 2. Les définitions de notions et concepts qu’on va utiliser dans notre recherche. Là c’est dans le cadre théorique puisqu’on les définit dans le but d’indiquer la manière dont on va les utiliser. Je renvoie à mon article sur le cadre théorique !
      – 3. Les définitions les plus basiques. Soit celles du dictionnaire, soit celles que des enquêtés, journalistes, etc vont donner. « Leur » définition en quelque sorte. Dictionnaire ou définition personnelle, dans les deux cas on fait une section « définition » qu’on peut intégrer dans la revue de littérature en disant « quelques termes, sans être fondamentaux, nous apparaissent importants à préciser pour telle et telle raison ».

      N’hésitez pas si vous avez une autre question ! 🙂

      Réponse
      • Houda Darbani

        Comment je manipule mon cadre théorique dans mon projet de fin d’études

        Réponse
        • Nicolas

          Merci pour ce commentaire ! La question est un peu vague donc je pars du principe qu’il s’agit de savoir si on peut garder le même cadre théorique entre une première recherche, en master par exemple, et un projet de fin d’études (j’espère ne pas me tromper).

          Il faut simplement revenir à la base de ce qu’est un cadre théorique. Tu as par exemple 3 ou 4 notions / théories / auteurs / concepts qui vont te permettre d’analyser ton objet d’étude. À chaque fois, il va falloir te poser les questions suivantes :
          – À quoi m’ont servi les éléments de mon cadre théorique ? Pour analyser quoi ? De quelle manière ? En collectant quelles données ?
          – Quelle est la différence entre mes deux recherches ? Plus ou moins d’acteurs ? La même délimitation temporelle ? Le même thème global ?
          Et ensuite à chaque fois pour chaque concept, tu fais le tri pour savoir si tu peux le garder ou s’il t’en faut un nouveau :
          – Est-ce que élément X de mon cadre théorique qui m’a servi à étudier des acteurs dans ma première recherche peut s’appliquer aux acteurs que j’étudie dans ma seconde recherche ?
          – Est-ce que les dynamiques d’évolution sont les mêmes entre les deux recherches, ou est-ce qu’elles sont différentes et que je dois changer de concept ?

          Au fond ça revient à un fait simple : un concept est un outil, tu dois donc vérifier que c’est un outil qui reste pertinent. S’il y a besoin de précision, n’hésite pas !

          Réponse
          • Joséphine

            Bonjour en réalité je suis un peu confuse, je ne sais pas exactement ce que je dois y mettre dans mon cadre théorique

          • Nicolas

            Bonjour Joséphine ! La question est un peu large donc je vais essayer d’avoir une approche globale.

            Ce qu’il faut voir c’est que tu dois passer par un processus qui a un ordre :
            – Tu détermines ton thème/sujet de recherche (quand on te demande “sur quoi tu travailles”, c’est généralement ton sujet que tu donnes).
            – Puis tu transformes ce “sujet” général et vague en ce qu’on appelle un “objet de recherche” qui est beaucoup mieux défini (j’ai bien décrit ce que c’était dans d’autres commentaires !) C’est en ayant un objet, avec une temporalité, des acteurs, etc, que tu pourras ensuite trouver des questions de recherches/problématiques à poser.
            – Puis tu tentes d’identifier une problématique. C’est-à-dire que dans ce que t’étudies, il y a quelque chose qu’on ne comprend pas, et toi tu vas essayer d’expliquer ce phénomène (un exemple serait “pourquoi certaines vidéos sont virales et pas d’autres”). Ça va se préciser par la suite donc pas d’inquiétude.

            Pour résoudre cette question, tu as besoin de concepts qui vont te permettre de comprendre la réalité. Pour les trouver, tu dois regarder à la fois des articles scientifiques (sur Cairn, google scholar, etc) et des ouvrages scientifiques. C’est là que tu trouves ces concepts, théories, notions et auteurs explicatifs.

            Très concrètement dans une thèse (même si c’est variable), ton cadre théorique ça va être 3 à 15 pages où tu vas dire “on voit que dans ce que j’étudie il y a des variations, que [tel concept] permet d’expliquer”. Puis “la présence d’acteurs pose la question de leurs ressources, ce que nous explorerons via l’idée de [capital social, culturel, etc]”. (voilà une liste aléatoire de concepts et notions pour que tu visualises : pouvoir symbolique, capital social, rapports de genre, leadership administratif, polarisation, théorie du rôle, théorie du mandat, répertoire d’action collectif, etc.”)

            Donc à la fin des fins, ton cadre théorique ne sera rien d’autre que la partie de ta thèse qui décrit les concepts que tu vas mobiliser pour dire “j’ai cette question de recherche, tel concept me paraît explicatif”.

            Si j’ai mal compris ta demande ou ai imparfaitement répondu n’hésite pas ! 😁

  2. Diana

    Ma DR dit que dans l’intro de ma thèse, revue et cadre théorique c’est la même chose 🤔

    Réponse
    • Nicolas

      Les préférences des DR peuvent un peu varier en réalité 🙂 dans certains cas, l’attente ce sera : ne parler de rien d’autre que les théories, notions et auteurs utilisés dans la thèse, et là c’est un cadre théorique. Dans d’autres cas, on pourra inclure plus d’éléments pour inclure une littérature liée à son sujet et son objet de thèse, bref ce qui nous a permis de mieux comprendre intellectuellement et scientifiquement notre objet de recherche. Par abus de langage certaines personnes utilisent une expression pour parler de l’autre et inversement. C’est en réalité proche et si vous écrivez l’un au lieu de l’autre, votre DR vous fera la remarque et ça ne vous demandera grosso modo qu’une journée d’enlever ou ajouter des éléments, donc tout ça est normal !

      Réponse
  3. Manon

    Merci pour cet article très riche et utile ! Je me demandais comment, dans la revue de littérature, on arrive à repérer les « angles morts » ou les « zones d’ombres » ? J’ai l’impression qu’il faudrait tout lire pour ça… si quelqu’un-e pourrait m’aider à y voir plus clair ! Merci !

    Réponse
  4. Nicolas

    Bonjour !

    C’est une très bonne question et la réponse mériterait un article à part entière (que je ferai du coup 🙃) mais je vais essayer de résumer les principales pistes ici. Déjà, il faut savoir à quoi correspond une « zone d’ombre »

    Pour commencer, il y a ce qui existe. Tout ce qu’on lit se résume à comprendre :
    – Comment on définit un terme.
    – Qu’on aborde tel sujet de telle et telle manière (ça peut être soit dans les dimensions/indicateurs retenus pour étudier un phénomène, ou de manière plus large sur l’approche : institutionnelle, rationnelle, structuraliste, etc) .
    – La naissance d’un courant de pensée qui a un lien avec ce que vous faites.
    – Les méthodologies mises en place pour étudier tel et tel sujet / montrer un tournant dans les méthodologies ou concepts employés.
    -> Et à chaque niveau, il y a des désaccords plus ou moins forts entre auteurs (meilleure manière de définir un terme, méthodologie la plus adaptée, etc).

    Ensuite, qu’est-ce qu’on a étudié avec ça ? C’est essentiel parce que zone d’ombre = ce qu’on a pas encore étudié.

    Je recommande la check-list suivante. 🔍 L’idée est de prendre ligne par ligne et de se dire par exemple « ok, on a des travaux sur la manière d’aborder tel sujet au niveau d’un département. Mais j’ai jamais vu de recherches faites au niveau d’un État”. Ou alors “à chaque fois ce sujet on l’étudie avec des entretiens, mais jamais des entretiens ouverts pour étudier les perceptions”.

    Lieux étudiés :
    Est-ce qu’on a étudié un sujet à tous les niveaux : Ville, départements, régions/États fédérés, États, organisations internationales…

    Données utilisées :
    – Si des données inédites sont apparues depuis les dernières recherches ou certaines données ont été non-utilisées / sous-estimées.
    – Pareil si une base de données / un corpus de textes récents n’a pas été étudié, c’est une zone d’ombre.
    – Désaccords entre chercheurs. La “zone d’ombre” c’est qu’on n’a pas d’avis définitif : soit qu’il y a des opinions opposées ou différentes. Parfois c’est juste qu’on a étudié un sujet et que les résultats sont peu concluants.

    Variables :
    Si on pourrait ajouter une ou plusieurs variables à une étude existante, ou analyser des relations entre variables, ou clarifier le rôle de certaines variables, savoir s’il y corrélation, causalité, etc, c’est une zone d’ombre.

    Utilisation d’une nouvelle méthode / d’un nouvel outil :
    – Corriger une méthode mal utilisée dans une étude.
    – Étude d’un phénomène avec un angle qualitatif plutôt que quantitatif ou inversement.
    – Utilisation de méthodes mixtes.
    – Étudier un sujet déjà connu avec une nouvelle méthode.

    Temporalité :
    – Cas plus anciens.
    – Cas plus récents.
    – Période différente. Plus courte ou plus longue.

    Étude d’une population nouvelle :
    – Critère géographique. Ex : les citadins ont été étudiés, mais pas les campagnards.
    – Critère démographique. Ex : les jeunes lycéens ont été étudiés, mais pas encore ceux qui entrent dans leur premier emploi.
    – Critère socio-économique. Ex: l’influence de la télévision a été étudiée sur le vote des professions intellectuelles et supérieures, mais pas sur celui des ouvriers.
    – Taille et représentativité de l’échantillon.
    – Critère politique.

    Alors certes, même comme ça c’est compliqué de trouver les angles morts, mais :
    -> Les auteurs font souvent ce genre de constats dans leur propre revue de littérature, conclusion ou discussion. L’avantage c’est qu’ils veulent mettre en avant leur recherche -> donc ils listent certains angles morts.
    -> Certaines revues de littérature existent sur certains sujets donc le boulot est fait.
    -> En doctorat, on ne nous reprochera jamais d’avoir manqué quelques petits auteurs, juste les plus gros et si ce n’est pas directement lié à notre sujet, nous ne devons pas en parler. Si c’est lié à notre sujet, on peut utiliser des formulations de type “tel sujet a peu été étudié/quasiment pas été étudié sous cet angle” ce qui permet d’être un peu plus flou tout en partant d’un réel constat qu’on a pu faire -> après un an de lecture, si on a pas trouvé de recherches sur un sujet, ça veut a minima dire que peu de choses ont été faites sur ce sujet.

    N’hésitez pas si vous avez d’autres questions ! 😁

    Réponse
  5. Menang Paul

    Pour une personne qui travaille sur les échanges culturels entre 2 états biculturels et qui rigorgent chacun en leur sein plusieurs ethnies, quelles théories peut-on utiliser pour mettre en évidence ces interactions. Merci

    Réponse
  6. Sou

    Super ! Merci, très éclairant ! Je m’apprête de ce pas à changer le plan de mon mémoire, qui sera je l’espère, une base pour le plan de ma thèse.

    Réponse
    • Nicolas

      Merci beaucoup pour ce commentaire Sou ! J’espère aussi que ça posera de bonnes bases pour le plan de thèse à venir 💪

      Réponse
  7. Taniah

    Et dans le cas où le sujet traité est plus large mais les littératures existantes portent sur des aspects particuliers du sujet. comment faire? Merci

    Réponse
    • Nicolas

      Difficile de répondre précisément sans exemple précis mais je vais essayer !

      Mon premier instinct serait : le sujet n’est pas encore suffisamment problématisé (problématique = ensemble de problèmes qui se posent sur un sujet déterminé. 6 chapitres = 6 problèmes à résoudre). C’est-à-dire qu’un sujet “plus large que la littérature” peut vouloir dire qu’on a pas identifié les problèmes précis qu’on veut traiter, la question et les sous-questions de recherche qu’on veut résoudre. Parce qu’à la fin des fins, on ne peut parvenir à résoudre un problème que quand il est suffisamment précis pour qu’on puisse y répondre. Un problème bien défini est donc généralement un problème précis.

      Deuxième possibilité qui irait dans votre sens : l’objet de recherche est large mais mal défini. Parce qu’en fait ce que vous dites est assez normal et c’est en définissant bien l’objet de recherche que vous allez dépasser ce problème.

      Son objet de recherche, c’est comme un cube dont il faut définir les facettes -> quelle population on étudie, dans quel lieu (État, département, collectivité, etc), dans quelle temporalité (décennie, une année en particulier) avec quel angle sur le sujet, etc. Ça c’est votre objet de recherche et vous ne trouverez pas souvent de la littérature qui traite tout ça à la fois. Certaines littératures auront étudié la même population que vous, d’autres se sont posées les mêmes questions vis-à-vis de la temporalité que vous, etc.

      Donc oui, les littératures existantes portent sur des aspects particuliers du sujet. Mais ce n’est pas gênant, c’est quasi toujours le cas. Le tout va être : 1/ de prendre toutes les littératures qui existent ; 2/ de prendre ce qui vous aide à comprendre chaque aspect de votre objet de recherche et d’enlever le reste ; et 3/ petit à petit, pièce par pièce, le puzzle va se construire. Ces littératures qui paraissent trop précises vont se cumuler pour permettre de répondre à un problème qui paraît plus large.

      J’espère avoir aidé et bonne journée !

      Réponse
  8. Hervé Ababa

    C’est super, mais j’ai une question, celle de savoir s’il y a un rapport ou une différence entre le cadre théorique et les théories explicatives de la chercher.

    Réponse
    • Nicolas

      Merci pour ce retour ! À mon sens et si je comprends bien votre question, cadre théorique et théories explicatives sont les mêmes éléments, seule la fonction change. La seule distinction tient au moment où vous utilisez vos concepts / théories. Si vous les utilisez pour cadrer ce que vous allez faire, c’est le cadre théorique. Si vous l’utilisez pour expliquer, c’est là qu’on peut parler de théories explicatives.

      Cette différence va surtout se voir à deux moments :
      Le moment de la recherche. En première année de recherche, on ne connait pas encore son terrain. On a des théories / concepts pour cadrer nos hypothèses (d’où le nom de cadre théorique), savoir les données à collecter pour vérifier ses hypothèses, etc. Puis, on rédige l’analyse des données. On utilise ces mêmes théories et notions, mais cette fois pour analyser / expliquer nos données -> c’est là qu’elles deviennent des théories explicatives.
      Le moment de rédaction. Dans les diverses introductions, notamment la principale intro de thèse, vous devez annoncer les grandes lignes de ce que vous allez faire. Pour ça, vous présentez les théories et concepts qui vont cadrer votre travail à venir (cadre théorique). Puis dans le développement / l’analyse, vous utilisez ces mêmes éléments pour analyser vos données et les expliquer. Ça ne sert plus à cadrer mais à expliquer -> c’est donc une théorie ou un concept explicatif.
      Pour résumer : j’introduis les théories / concepts dont je vais me servir -> cadrage théorique. Je m’en sers -> théorie / concept explicatif.

      J’espère avoir été utile ! 🙂

      Réponse
  9. Junior

    Bonsoir ce que j’aimerais connaitre
    On dit cadre conceptuel ou revue littérature?
    C’est quoi le cadre conceptuel.
    Ensuite dans certains cas on dit que le cadre théorique c’est un chapitre🤔 pas une partie.Eclaire-moi s’il vous plaît?

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour Junior !

      -> La revue de littérature, ce sont les lectures en lien avec votre sujet. Toute la littérature scientifique que vous lisez pour apprendre à connaitre votre sujet, les notions habituellement utilisées, les concepts employés, les méthodes mises en place, etc, etc, c’est votre revue (puisque vous passez en revue la littérature).
      -> Puis quand vous faites votre thèse (collecte de données, puis interprétation, etc), vous n’avez pas besoin de 100% de vos lectures. Vous avez juste besoin de quelques unes des théories pour cadrer votre analyse. C’est votre cadre théorique. Cadre conceptuel et cadre théorique sont la même chose et veulent dire « notions et théories utilisées dans la thèse ».

      C’est pour ça que l’article dit qu’on fait la revue « de son sujet » (très général), mais le cadre théorique « de sa thèse » (ce que vous utilisez dans votre analyse).

      Il y a une confusion parce que certaines personnes utilisent revue de littérature, cadre conceptuel et cadre théorique les uns à la place des autres. L’expression compte peu et il faut juste revenir aux bases : est-ce que dans cette partie on me demande de décrire “ce que la littérature sait de mon sujet” ou de dire “quelles théories et notions je vais utiliser dans ma thèse”. Peu importe le nom, les deux doivent être faits.

      Enfin, quand on dit que « le cadre théorique c’est un chapitre pas une partie”, ce n’est pas très important. Il est simplement question de la structure de la thèse. Certaines thèses ont leur cadre théorique dans l’introduction, puis 6 chapitres de développement. D’autres thèses vont avoir un chapitre de méthodologie, puis un chapitre « cadre théorique », puis un chapitre « résultats », etc.

      En espérant avoir été utile ! 🙂

      Réponse
  10. Boubacar

    Bonjour, Merci pour cet apport combien important pour avoir montré la différence entre cadre théorique et revue littéraire. J’en suis rassuré. Toutefois, dans le cadre d’une thèse que je prépare, je me retrouve devant le problème d’une littérature éparse dans laquelle j’ai de la peine à y voir clair. Quelle méthodologie adoptée pour trouver ce que je cherche e termes de documents pour préparer mon protocole de recherche. Je me sens un peu bloqué.

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour et merci pour ce retour très positif Boubacar ! Pour répondre, je vais partir du principe que par “protocole de recherche” tu fais référence à la méthodologie et par “en termes de documents” tu parles d’articles et ouvrages scientifiques. La question est donc : comment savoir quelles données collecter et comment les collecter ?

      Il faut commencer par définir son objet de recherche donc au moins les éléments suivants : quelle population on étudie, dans quel lieu (État, département, collectivité, etc), dans quelle temporalité (décennie, une année en particulier) avec quel angle sur le sujet.

      C’est sur cette base qu’on commence à savoir comment enquêter. Exemples :
      -> Si la temporalité est longue et ancienne, les archives sont une option. Pour un phénomène récent, des entretiens pourraient être plus appropriés.
      -> Sur le lieu : quelque soit le lieu, on va se renseigner sur les instances de pouvoir principales, les règles qui les entourent, les documents présents sur leur site, les acteurs, etc. Mais chaque lieu (État, département ou collectivité) auront des sites, documents et instances différentes.
      -> Si on compare moins de 5 cas (5 pays, 5 processus) on s’oriente sans doute vers du qualitatif (entretiens, archives, analyse de discours etc.) Si on compare plus de 5 cas, c’est probablement du quantitatif (sondages, enquêtes par téléphone ou internet qui supposent de poser quelques questions à un grand nombre, analyse statistique). Ça s’explique facilement : faire des entretiens pour 15 cas est irréalisable. A contrario, avoir 3 cas et poser des questions générales par téléphone serait une occasion manquée de creuser le sujet.

      Et c’est là qu’il y aura plus de clarté en lisant les articles et ouvrages scientifiques par la suite ! Parce que si tu ne définis pas ça, tu seras toujours perdu en lisant -> tout sera intéressant, mais tu ne sauras pas quoi chercher. En revanche, si tu définis ton objet de recherche et ses différents aspects, tu vas automatiquement lire un article et te dire “tiens, il étudie une temporalité aussi longue que la mienne, comment il a fait” et t’en inspirer (et inversement, “il étudie des acteurs qui ne sont pas les mêmes que les miens, pas pertinent”).

      Si tu as d’autres questions, n’hésite pas !

      Réponse
  11. Orphée

    Bonjour,

    Situation : On pense avoir fini le cadre théorique puis un résultat nous surprend comme par exemple une corrélation entre deux variables.
    Est-ce qu’on doit alors ajouter un nouveau paragraphe dans le cadre théorique?
    Ou ajouter un très long développement dans la discussion même si l’auteur ou les auteurs traitant de la seconde variable n’a ou n’ont jamais été évoqués dans le cadre théorique?

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour Orphée,

      Si tu utilises un concept pour expliquer un résultat, alors oui, ce concept doit être présent dans le cadre théorique. Ce n’est pas gênant d’ajouter ou enlever progressivement des concepts du cadre théorique. On ne peut pas savoir à quoi s’attendre avant d’avoir les résultats, et tout le monde ou presque a besoin à un moment de modifier son cadre. Ça fait partie du processus itératif de recherche -> le cadre théorique permet de savoir quelles données collectées. Et les résultats liés aux données permettent de savoir quels concepts sont les plus explicatifs. Souvent quand on lit article ou thèse, on voit le “produit fini”. Mais avant la version définitive, il a fallu en passer par là !

      Par ailleurs ça ne serait pas pertinent d’ajouter un long développement dans la discussion. Dans la discussion, tu dois dire en quoi tes résultats complètent, confirment ou contredisent d’autres recherches. Les concepts qui expliquent tes résultats doivent avoir été mentionnés avant.

      Je dirais qu’il y a deux critères pour identifier les petites exceptions à ce que je viens de dire. 1/ est-ce que la corrélation est claire ? ; 2/ est-ce qu’il y a des explications alternatives qui sont meilleures ? Dans les deux cas, si la corrélation n’est pas claire, ou qu’il y a des meilleures alternatives, on ne peut pas vraiment dire que le concept est explicatif. Dans ce cas, on peut citer le concept en hypothèse dans la discussion, en précisant que « plus de données seraient nécessaires pour confirmer, mais ces données semblent s’orienter vers telle explication ».

      En espérant t’avoir été utile ! 🙂

      Réponse
  12. Orphée

    Un très grand grand merci Nicolas. C’est vraiment top tes conseils !

    Oui c’est vraiment le cas, des résultats inattendus.
    Je me posais beaucoup de questions – et je me demandais si c’était normal – de faire tant d’allers-retours entre les résultats et le cadre théorique. Tu m’as rassurée.
    Toutes tes explications ont été très claires et très utiles.

    Réponse
    • Nicolas

      C’est tout à fait normal donc pas de soucis sur ça. Ravi d’avoir pu aider et bon courage ! 😁

      Réponse
  13. Isabelle Larrivée

    Bonjour,
    Si je comprends bien, les théories que je vais mobiliser dans le cadre théorique doivent aussi être présentées dans ma recension des écrits. Il n’y a pas une recension uniquement pour le sujet, et des théories présentées uniquement dans la partie cadre théorique.
    Merci à l’avance!

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour Isabelle !

      Ça dépend (🙃). Revenons à un principe de base. Pour faire simple, il y a deux cas de figure qui vont déterminer si les mêmes notions apparaissent dans les deux ou pas.

      D’un côté dans la revue, tu dois parler de ce qu’on sait sur le sujet et comment ça t’amènes à construire ton objet de recherche d’une certaine manière (quels acteurs, quelle temporalité, etc). Puis dans ton cadre théorique, tu vas utiliser des théories et concepts pour étudier cet objet de recherche. Quand tu croises les deux, ça donne deux possibilités :
      Soit les concepts sont classiques pour étudier ce que tu fais mais ton objet de recherche en particulier n’a pas encore été étudié (par exemple pour comprendre l’action d’un Président, c’est classique d’utiliser la notion de leadership. Mais si tu étudies le dernier Président qui n’a jamais été étudié, tu vas utiliser la même définition. C’est juste qu’elle a pas été utilisée dans ce cas précis).
      Soit les concepts habituellement utilisés pour étudier ton objet de recherche ne sont pas pertinents (imaginons que d’habitude on étudie un Président avec la notion de leadership, mais toi tu trouves plus pertinent d’utiliser le concept de “rôle” ou un autre concept).

      Dans les deux cas, la transition entre revue de littérature et cadre théorique est toute trouvée :
      – Premier cas -> “ce concept est habituellement utilisé pour étudier X, comme en atteste littérature X et Y” (revue). “Nous allons utiliser la notion X de tel auteur pour étudier notre objet” (cadre théorique). Dans ce cas, revue et cadre théorique contiennent les mêmes éléments.
      – Deuxième cas -> “concept X est habituellement utilisé pour étudier Y, comme en atteste littérature Z, mais ce concept peine à saisir telle dimension de notre objet” (revue). “Nous allons alors privilégier la notion A pour nous intéresser à telle dimension” (cadre théorique). Dans ce cas, revue et cadre théorique ne contiennent pas les mêmes éléments.

      J’ai quand même l’impression que le premier cas est le plus courant. L’essentiel du temps, les théories / notions / concepts existent rarement à un seul “exemplaire”. On a toujours les théories / concepts / notions SELON tel auteur. Donc on se retrouve plus souvent à justifier pourquoi on utilise telle variation d’un concept plutôt que pourquoi on utilise pas le même concept.

      J’espère que ça répond ! 🙂

      Réponse
      • Jean Gardy Muscadin

        Bonjour. Merci Nicolas pour tes précisons enrichissantes. Je voudrais savoir est ce que c’est logique de placer le cadre théorique et méthodologique avant la revue de littérature dans une thése. N’est ce pas la revue qui précède le cadre théorique?

        Réponse
        • Nicolas

          (Commentaire en double -> voir réponse juste en-dessous)

          Réponse
          • Julienne

            Bonsoir Mr Nicolas,

            Moi j’ai un petit soucis dans ma rédaction.
            Il ya t-il une différence entre cadre conceptuel et cadre operatoire?

      • Jean Gardy Muscadin

        Bonjour. Merci Nicolas pour tes précisons enrichissantes. Je voudrais savoir est ce que c’est logique de placer le cadre théorique et méthodologique avant la revue de littérature dans une thése. N’est ce pas la revue qui précède le cadre théorique? Éclaire moi stp

        Réponse
        • Nicolas

          Bonjour Jean et merci de ce retour ! 🙂 c’est effectivement bien l’ordre que je préconise (donc s’il y a une confusion, je confirme que je suis d’accord avec ton ordre). Dans la section « Des distinctions élémentaires mais rarement précisées », je les mets d’ailleurs dans ce sens en disant que ça permet de présenter les choses de manière fluide -> 1/ revue de littérature, 2/ cadre théorique ; et 3/ méthodologie.

          Je ne placerais pas la revue de littérature après les autres points, parce qu’on a besoin d’avoir un état des lieux de la littérature pour comprendre ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas et dans quelle mesure notre objet de recherche est nouveau. Puis on présente le cadre théorique, qui nous dit avec quelles notions/théories/concepts/auteurs on va étudier notre objet.

          Si tu as besoin de plus de précisions n’hésite pas !

          Réponse
  14. Arnold

    Bonjour, Nicolas
    Vous dites que la démarche personnelle sert à montrer comment chaque recherche effectuée à contribuer à construire mon objet de recherche.
    Mon problème est que J’ai du mal à appliquer cette démarche personnelle dans mon travail. Vous pouvez donc revenir sur la manière d’aborder la démarche personnelle avec un exemple précis ? Merci d’avance.

    Réponse
    • Nicolas

      Bonjour Arnold ! Partons d’un principe simple : à la fin, l’objet de recherche aura différentes caractéristiques (je les liste dans d’autres commentaires). Pour faire simple, vous devez définir les caractéristiques suivantes dans ce que vous étudiez : temporalité, acteurs concernés, approche, etc.

      Or quand on fait la revue de littérature, on a deux grands objectifs : savoir ce qui a déjà été fait (notre objectif étant de faire quelque chose de nouveau) ; et comprendre comment on “saisit” différents sujets (comment on collecte des données et quelles théories, notions, concepts et auteurs on utilise).

      Maintenant, imaginons que votre sujet de base soit en sociologie et étudie le rapport des jeunes aux écrans (je ne connais pas du tout le sujet, c’est vraiment pour l’exemple).

      Vous allez lire des ouvrages et articles, et voir qu’il y a différentes manières de définir “les jeunes”. Peut-être que certains parlent de 5-7 ans, d’autres de 12-18 ans, etc. Vous allez vous positionner et dire :
      – Ma “population” / les acteurs concernés -> les jeunes de 18 à 25 ans selon la définition de X.

      En continuant votre lecture, peut-être que vous allez voir que la plupart des études se font sur une décennie. C’est trop long pour une thèse, donc vous allez voir que d’autres études en revanche se font sur une année, mais sont plus qualitatives (on creuse le sujet, les caractéristiques des interrogés, leurs motivations, etc).
      – La “temporalité” sera -> nous étudierons le rapport aux écrans de 30 jeunes de 18 à 25 ans, sur l’espace d’un an.

      Puis en lisant, vous allez voir qu’en fait, ça a déjà été étudié. Mais peut-être qu’en creusant bien, vous allez voir que le rapport aux écrans des jeunes de 18-25 ans a été étudié dans la manière :
      – Dont ça impactait leurs relations sociales.
      – Dont ça impactait leurs relations avec leurs parents.
      – Dont ça impactait leurs résultats scolaires.
      – Et dans la manière dont ça impactait leur repos.
      -> Mais peut-être que rien n’a été fait sur la manière dont ça impactait d’autres variables : leur politisation, leur rapport à l’environnement, etc.

      Et donc en début de revue de littérature vous avez un sujet de recherche brumeux -> le rapport des jeunes aux écrans.
      En fin de revue de littérature, vous avez un objet de recherche construit -> L’impact des écrans sur la politisation des jeunes de 18-25 ans : étude de cas des habitudes de 30 jeunes sur une année.

      N’hésitez pas s’il y a besoin de précisions ! 🙂

      Réponse
      • Anonyme

        Nicolas,
        Je tiens à exprimer ma gratitude pour avoir pris le temps de répondre à ma préoccupation.

        Réponse
    • Julienne

      * bonsoir Nicolas, je voulais aussi avoir une précision sur le cadre conceptuel et cadre théorique, mais aussi à cela s’ajoute le cadre opérationnel,

      Je suis un peu bloquer dans ma rédaction du mémoire.

      Merci pour la précision *

      Réponse

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