La thèse CIFRE : avantages et inconvénients

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(Comment rédiger sa thèse : liste des « 7 attendus implicites » téléchargeable en fin d’article)

 

La thèse CIFRE est un dispositif très intéressant… si on comprend son fonctionnement.

Cela permet à des doctorant.es de réaliser leur thèse en entreprise, association ou collectivité territoriale plutôt que dans une Université.

Mais ce qu’il s’y passe est relativement obscur, d’autant plus qu’il y a différents aspects auxquels penser : scientifique; économique; vie personnelle… 🤔

C’est pourquoi cet article est constitué de témoignages de plusieurs doctorant.es en CIFRE. 

Tous ces points seront abordés ici pour saisir les avantages et inconvénients de la thèse CIFRE ! À la fin vous pourrez clairement dire : c’est quoi une thèse CIFRE ?

Pour résumer, voici les principaux points (cliquez pour aller à chaque section).

Avantages : 1/ la rémunération (bien!); 2/ gérer des projets concrets; 3/ des terrains fascinants; 4/ l’accès énorme à des réseaux et compétences pros; 5/ la souplesse du temps de travail.

Inconvénients : 1/  montage obscur du dossier CIFRE (un mystère); 2/ isolement et incompréhension; 3/ choix du sujet moins flexible (pour le mieux?); 4/ les conflits avec la structure d’accueil; 5/ la négociation constante (le pire – témoignage); 6/ bon marché pour les structures ?; 7/ enseigner en thèse CIFRE; 8/ déséquilibre temps de thèse – temps de structure (et vie personnelle).

Comme pour chaque expérience, il y a du bon et du mauvais. 💪

C’est un panorama global des expériences vécues dans le dispositif CIFRE. Pas des éléments qui vont se retrouver partout pour tout le monde (il semble aussi y avoir une vraie scission dans la perception de la CIFRE sciences dures / sciences humaines).

Le salaire d'une thèse CIFRE : supérieur aux contrats doctoraux (avantage n°1) 💸

Déjà, cela permet d’avoir une thèse financée. Un bon point.

Les conditions minimales de la CIFRE ne sont pas mirobolantes mais tout à fait satisfaisantes.

Le salaire est de minimum 1500€ (et négociable). Bien gérer la négociation avec la structure peut encore creuser l’écart avec un contrat doctoral.

Et quel est le statut pour un doctorat en CIFRE ? En tant que salarié.e, on est protégé par le droit du travail, etc. 

C’est important car en SHS, les CIFRE ont pendant longtemps été perçues comme un financement de seconde zone donnant lieu à des thèses bas de gammes. 

Mais aujourd’hui, la CIFRE trouve sa place dans un contexte universitaire tiraillé entre d’une part un grand nombre de doctorant.es (malgré la tendance à la baisse récente) et le manque de financements pour proposer suffisamment de contrats doctoraux.

La CIFRE constitue donc une vraie alternative au manque de moyens des Universités pour financer des doctorant.es…

…et de plus en plus de Docteur.es-CIFRE sont qualifiés MCF par le CNU tous les ans.

C’est donc devenu un vrai financement à part entière qui ne souffre plus d’a priori douteux !

CIFRE et doctorat en entreprise : pouvoir travailler sur des projets concrets (avantage n°2) 📚

Très pratique pour les personnes qui se demandent comment faire un doctorat en entreprise, la thèse CIFRE est aussi idéale par exemple pour les recherches-action, puisqu’il n’y a pas meilleur environnement pour mettre en place ce type de recherches.

Une vraie impression se dégage : celle de développer des questionnements en phase avec des problématiques concrètes.

Ça permet de trouver beaucoup plus de sens dans ce que l’on fait.

Là où des thèses académiques peuvent parfois sembler trop théoriques avec une difficulté à en tirer des bénéfices, le fait de voir que l’on traite et discute de problèmes concrets est un vrai bon point. 👏

Dans la même veine, le fait de pouvoir proposer des analyses / outils applicables pour l’entreprise renforce le sentiment de faire un vrai bon travail, de qualité et utile aux gens qui nous entourent !

C’est aussi l’occasion d’exposer et tester ses réflexions avec des personnes directement concernées par les questionnements que l’on traite, proposer de développer des projets innovants, etc.

Bref comment faire un doctorat en travaillant ? Voilà une réponse.

Autre avantage de ce lien très fort entre missions confiées par l’entreprise et recherche : pouvoir avancer correctement. Témoignage :

« Concrètement, moi je suis responsable de communication. Ça me permet de collecter toutes les données nécessaires. Mais j’ai une mission très terre-à-terre. »

Pouvoir travailler sur un terrain de recherche très stimulant (avantage n°3) 🤩

L’environnement est facilitant pour effectuer ses recherches -> à la fois pour la proximité des sources, du terrain en lui-même, etc.

Ici par exemple, le témoignage d’une doctorante CIFRE :

« Je suis dans le musée qui détient la majorité des œuvres en collection publique des artistes que j’étudie. Ce musée a déjà fait des expos et donc des recherches dessus. Il a récupéré les archives de l’école des beaux-arts municipale, est connu des amateurs et collectionneurs qui le contactent s’ils voient ou ont des choses à proposer, etc… donc pleins d’éléments facilitants quand j’ai le temps de me pencher dessus ! »

Ce même terrain sera aussi un endroit naturel pour vous permettre de présenter vos recherches :

« Mon travail peut donner lieu à une exposition sur mes recherches et comme elle m’implique dans l’organisation d’une journée d’études liée à la prochaine exposition, c’est vraiment bien ! Ça facilite aussi pour faire des conférences car je peux voir avec la chargée de médiation pour en organiser sur place ! »

LA spécificité du contrat CIFRE - si on sait la mettre en avant (avantage n°4) 🤝

Le fait de travailler au sein d’une entreprise fait que c’est réellement considéré comme de l’expérience, ce qui pèse clairement dans un CV.

Et il y a une logique de double-encadrement qui renforce le suivi : directeur de thèse; tuteur dans la structure.

En deux mots donc : compétences et réseau.

On se construit plus naturellement un réseau professionnel, avec la possibilité de développer des compétences professionnelles concrètes et significatives, tout en découvrant un milieu de travail et en se faisant connaître auprès de professionnels du secteur pour réseauter.

Le simple accès à ces réseaux est une vraie opportunité ! Et surtout, cela offre des opportunités de carrière dans l’entreprise même. 💡

Par ailleurs, le simple fait d’avoir réussi à décrocher la CIFRE est bien vu car c’est une subvention reconnue.

Devenir CIFRE, c’est passer de « simple étudiant » à salarié. Et les personnes qui regardent le CV considèrent cela comme de l’expérience (cela n’empêche pas certaines personnes au sein de l’entreprise de ne pas voir la différence entre stagiaire et CIFRE, mais c’est un autre problème).

Une possible souplesse du temps de travail (avantage n°5) 🧘

Le minimum prévu pour un contrat CIFRE est : un jour de thèse par semaine, 4 jours en structure.

Mais ces délais sont négociables à la signature du contrat. La répartition du temps laboratoire/structure est à la discrétion des parties.

Normalement, une CIFRE entend que l’on puisse consacrer l’intégralité de son temps à la thèse (en structure comme au labo).

Et dans ce temps complet dédié au doctorat, il faut définir un pourcentage passé en entreprise et le reste passé au sein du laboratoire de recherche. Généralement dans les 70/30.

La personne en CIFRE est payée pour cela et c’est en contrepartie de cela que l’entreprise perçoit une subvention. 

On peut donc imaginer de vraies bonnes conditions pour la thèse, avec par exemple des semaines avec 3 jours de thèse et 2 jours de structures, ou plus de temps accordé en dernière année pour la rédaction, etc. 🖊

La répartition est au choix et en théorie, cette répartition peut évoluer quand on le souhaite, dans les proportions voulues, à partir du moment où tout le monde est d’accord.

Voilà un témoignage de CIFRE sur ce sujet :

« Dans mon cas, c’est :
Année 1 : 70% structure, 30% labo.
Année 2 : 50/50.
Année 3 : 30 / 70 (du fait de la rédaction).
Grosso modo, c’est ce qu’on s’est dit. En vrai je commence ma deuxième année et je suis plus sur du 60/40. Mais mes missions entreprise recroisent de très près mon sujet et me permettent d’avancer. »

Comment obtenir une thèse CIFRE ? Montage du dossier obscur et relations avec l'ANRT (inconvénient n°1)⏳

Le montage du dossier est extrêmement obscur.

Il faut faire vraiment attention aux délais. Le montage du dossier demande d’être avancé dans sa recherche, à la fois dans sa revue de littérature et sa problématisation.

Aussi, cela demande d’être dans une relation de confiance avec la structure d’accueil (solidité financière, intérêt de la these pour la structure…). Ce qui veut dire :

– 1/ Trouver une entreprise intéressée par votre projet de thèse et qui accepte de vous embaucher en tant que salarié.e CIFRE.

– 2/ Puis remplir une demande auprès de l’ANRT et vous assurer de respecter les conditions du dispositif CIFRE, notamment en termes de durée de la thèse et de salaire.

Entre les débuts de la thèse et le moment où le directeur de thèse, la structure et le ou la doctorant.e s’accordent sur un sujet négocié en commun et l’obtention de la CIFRE, il peut se passer jusqu’à 1 an. Avec 2 à 3 mois à chaque étape du dossier. 🤯

Par la suite, l’ANRT n’est pas une institution que l’on doit contacter fréquemment.

Vous aurez affaire à eux : en demandant la CIFRE; une fois par an pour un document d’étape (comment avance la thèse; le tuteur de la structure est-il satisfait de votre travail, etc).

Mais elle a ses missions et dans sa hiérarchie d’interlocuteurs, ce sont d’abord les entreprises, puis les Universités, et enfin les doctorant.es.

Deux raisons : le contrat CIFRE dépend des entreprises; il n’est pas de leur responsabilité de communiquer directement avec les doctorant.es (à prendre en compte).

Le problème principal est qu’en cas de problème, les complexités des interactions Université – structure d’accueil – doctorant.e font que l’ensemble se transforme rapidement en maison des fous dans les 12 travaux d’Astérix. 😅

L'isolement et le problème de "l'OVNI" (inconvénient n°2) 🛸

Dans beaucoup de cas, les doctorant.es CIFRE en SHS souffrent d’un vrai isolement.

À la fois vis-à-vis de l’Université et de la structure d’accueil.

Vis-à-vis de l’Université, il arrive que votre laboratoire de recherche soit à 50 ou 100km de là où vous habitez et travaillez.

À cause de cette contrainte, certaines personnes finissent par ne jamais s’y rendre, sauf pour des Assemblées Générales, séminaires ou formations doctorales. Avoir une vraie volonté de s’intégrer a l’équipe de doctorants ne suffit pas toujours, ce qui prive beaucoup de l’émulation scientifique que l’on peut y trouver.

Vis-à-vis de la structure d’accueil, les équipes autour sont souvent des opérationnels qui ne comprennent pas l’objet de la mission du doctorant.

Il devient « l’ovni » de la structure qui a du mal à expliquer clairement ce qu’il fait.

Ce problème demande un besoin supplémentaire d’explication, de pédagogie voire de devoir faire avec une forme d’incompréhension. Car ce c’est pas facile de valoriser la recherche sur le terrain s’il n’y a pas de service R&D ou une culture de recherche en son sein. 🧑‍🔬

C’est assez différent en sciences dures : les structures dans lesquelles les doctorant.es en sciences dures font leur CIFRE sont souvent des structures de types laboratoires ou entreprises avec un fort accent R&D, parfois même créées par des Docteurs.

Le fait que le ou la tutrice de la CIFRE fasse partie du monde la recherche rend le tout plus simple -> plus facile de trouver un équilibre, d’avoir une forme de reconnaissance et de l’intérêt pour ses travaux.

Thèse CIFRE ou académique ? - Moins de flexibilité dans le choix du sujet de thèse (inconvénient n°3) 🧑🏾‍🎓

Le sujet d’une thèse CIFRE dépend de ce qui intéresse les structures d’accueil et n’est pas adapté à tous les domaines de recherche. Il est parfois plus judicieux de choisir une thèse académique classique.

C’est notamment le cas si le sujet de thèse est très théorique ou s’il n’y a pas de lien évident avec les activités de l’entreprise.

Cela crée une complexité particulière : il faut trouver un sujet de thèse qui convienne à la fois à l’Université (dont les centres d’intérêts peuvent être très variés) mais surtout à l’entreprise (qui elle s’intéresse à des thématiques très précises).

Autre conséquence -> trouver un financement CIFRE n’est pas particulièrement plus simple que de décrocher un contrat doctoral.

Le vrai avantage -> on s’assure d’un sujet intéressant pour la structure et donc porteur professionnellement.

Conflits d'intérêts, "salarié peu coûteux" : problèmes avec la structure d'accueil (inconvénient n°4) 📝

Comme partout, il y a de bonnes structures d’accueil et des moins bonnes.

L’impression qui se dégage pour certaines personnes en CIFRE est que pour leur entreprise, CIFRE = main d’œuvre grassement subventionnée. Les doctorant.es ont des supers profils qui leur coûte finalement assez peu.

Le problème est pire quand ces structures embauchent, puis donnent des missions déconnectées de l’objet de thèse. Les doctorant.es finissent par faire principalement de la gestion de projet, etc.

Là encore, on retrouve parfois la distinction sciences humaines / sciences dures.

C’’est rare qu’un doctorant en SHS soit engagé sur une pure mission de recherche, contrairement à un doctorant en sciences dures. 🧬

Le problème est plus fondamental : pour beaucoup la recherche, c’est les sciences dures. En SHS, on comprend mal ce que c’est.

Ce problème de perception crée aussi un différentiel dans les attentes, notamment si l’entreprise s’attend à ce que la thèse CIFRE ne lui coûte rien.

Si elle sous-estime les frais présents dans le contrat, cela peut poser problème. Par exemple lorsqu’il va être question de financer un déplacement, le temps d’obtenir un accord, de justifier l’intérêt, de surmonter quelques résistances sur le fait que « ça coûte quand même » peut être démobilisateur.

Des conflits apparaissent aussi parfois sur le fait que la personne en CIFRE passe trop de temps dans la structure d’accueil et pas assez au labo, ce qui peut demander l’intervention de la direction de thèse.

L'impression d'une "négociation permanente" (inconvénient n°5) 😤

C’est sans doute le pire inconvénient, et celui qui revient le plus.

L’impression de devoir constamment négocier pour des choses qui « devraient aller de soi ».

Par exemple, un ou une doctorant.e en CIFRE doit travailler sur des éléments en lien avec la thèse. Mais l’entreprise peut tout à fait donner des missions qui n’ont rien à voir.

Une première réponse est de dire que ce n’est pas conforme au texte réglementaire qui cadre le fonctionnement des financements CIFRE.

Mais bien entendu, ce n’est pas toujours si simple.

Si le rappel du contrat ne suffit pas, plusieurs solutions existent et beaucoup de paramètres entrent en jeu :

Peut-on se retourner vers sa direction de thèse pour obtenir avoir son soutien ?  Si oui, c’est un très bon point et probablement la meilleure solution car un directeur qui donne de la voix peut vraiment faire évoluer l’ANRT ou l’entreprise.

Sinon, peut-on trouver un soutien dans son école doctorale ?

Est-il possible de réunir tout le monde autour de la table pour refixer le cadre de la coopération ? 

Chacune de ces solutions a des problèmes. Si le ou la directrice de thèse est désengagée, il y a peu de solutions. Contacter directement l’ANRT sera mal reçu car ils considèrent ne devoir échanger qu’avec les Universités ou les entreprises. Les doctorant.es ne sont pas des interlocuteurs de l’ANRT.

L’école doctorale peut aider, parfois simplement en relançant la direction de thèse.

Enfin, le fait de réunir tout le monde autour de la table est presque utopique car pour beaucoup, cela va générer de la pression, du stress, il faut des compétences de négociations particulières pour ne froisser personne, etc.

La solution finale sera sans doute un mélange de différentes options. 💡

Ce besoin de négociation permanente peut devenir pesant.

Déjà parce qu’il va contre les conditions du contrat. Mais aussi parce qu’il touche à des activités au cœur du travail de recherche. Témoignage :

« Personnellement je suis dans la négociation constante et j’ai du rappeler que j’étais censée ne travailler que sur ma thèse. Ça râle même pour me payer mes déplacements au labo alors que c’est dans le contrat. Ça râle aussi pour m’autoriser à aller voir des conférences alors que pareil, c’est prévu dans le contrat. À un moment ça râlait parce que j’étais trop souvent aux archives et j’en passe… »

C’est donc parfois négocier pour simplement obtenir ce qui a été convenu.

De même, le paiement des frais d’inscription en doctorat ne sont pas toujours pris en compte.

Dans les cas les plus compliqués, cela peut même conduire à devoir trouver des astuces :

« Techniquement si la directrice refuse parce que je suis censée bosser en entreprise, mes frais sont pas remboursés. Mais normalement elle a pas le droit et je lui rappelle le contrat.

Je dis que je vais pas voir des conférences tous les jours, que ça fait partie de ma formation. Je justifie l’intérêt pour ma recherche et je trouve des astuces pour coûter moins cher du genre dormir chez des connaissances et pas avoir à prendre un hôtel etc…

Une fois, j’ai du simuler de ne rester qu’à un jour de conférence alors que j’en ai fait deux, en prétextant les horaires de train, etc. 🙄 »

CIFRE - un "bon marché" pour les structures ? (inconvénient n°6) 📊

Le doctorant est payé par son entreprise avec une embauche en CDD ou CDI.

Puis l’ANRT verse la subvention trimestriellement à la structure (14.000€ par an) qui peut également avoir un Crédit Impôt Recherche. Donc même remboursée par l’ANRT, la structure doit majoritairement avancer les frais.

C’est aussi un investissement en temps pour elle.

Donc dire « ça coûte pas cher » simplifie quelque peu la question.

De l’autre côté, c’est suffisamment intéressant pour qu’une entreprise vraiment intéressée y mette les moyens, donc il ne faut pas trop négocier en sa défaveur.

Il faut le savoir car les négociations pour décrocher la CIFRE sont rudes et dans la volonté d’avoir un financement, il arrive qu’on se mette en position compliquée :

« J’avais déjà demandé à mon entreprise de financer ma thèse sans parler CIFRE et ils avaient refusé. Du coup je suis revenue à la charge avec la CIFRE et pendant l’entretien pour me laisser encore plus de chance d’être acceptée, j’ai dit que comme je connaissais bien le secteur de l’entreprise (j’étais en poste à ce moment-là), je pourrais l’aider lors d’urgences.

Je crois qu’ils ont simplement retenu ça. Mais même sans ça, les doctorants CIFRE se retrouvent dans cette situation car au moment T, l’entreprise a d’autres besoins que les résultats de ta recherche qui arriveront dans X années. »

La CIFRE est donc un « bon marché » mais n’est pas si indolore que cela pour les entreprises, c’est à prendre en compte.

Même pour qu’elle obtienne ses crédits impôt recherche, c’est compliqué.

D’ailleurs, si l’entreprise n’est pas familière de tout cela et lance sa branche de R&D, cela peut encore se complexifier.

Thèse CIFRE et enseignement : une question compliquée (inconvénient n°7) 👩‍🏫

Le fait de cumuler entreprise / recherche laisse peu de temps pour l’enseignement.

Si on est intéressé.e par une qualification ultérieurement afin de devenir Maître de Conférences, cela peut devenir un problème.

Quoiqu’il arrive, le contrat est minimum de 35 heures. Les heures d’enseignement sont à caler en plus et sont nécessairement en semaine, ce qui demande d’organiser son temps de travail en ce sens. 📅

Cela suggère deux choses :

Soit il faut donner les cours sur son temps dédié à la recherche hors-entreprise.

Soit il faut faire quelques heures d’enseignements sur ses RTT.

Pour faire carrière dans le supérieur, avoir donné beaucoup de cours compte. Plus généralement, les activités de recherche (qui demandent moins d’isolement et plus de sociabilisation dans le milieu scientifique) peuvent devenir plus compliquées en CIFRE, avec également moins de publications.

D’ailleurs, les publications sont souvent soumises à l’autorisation de l’entreprise, il faut donc s’assurer des modalités et gérer cette contrainte.

Conditions de la thèse CIFRE : déséquilibre thèse, structure et vie personnelle (inconvénient n°8) ⚖️

La structure demande de faire des missions.

Mais ça peut devenir une thèse en parallèle d’un emploi annexe.

Plus l’entreprise demande de faire des missions (et moins ces missions concernent directement le travail de recherche), moins vous aurez de temps pour avancer…

À cela s’ajoute le fait de concilier vie personnelle et obligations professionnelles. Si la thèse ne peut être faite à l’entreprise, elle sera faite le soir et le week-end, avec un temps de vie personnelle qui s’évapore.

Sachant que cela se cumule avec les autres exigences de l’Université : rendez-vous avec le ou la directrice de thèse; comité de suivi annuel, etc… 🤯

Le doctorant CIFRE revient à un chercheur rattaché à une université. Les entreprises éligibles sont nombreuses car les conditions sont relativement souples. Ces entreprises peuvent déclarer le temps de travail de ce salarié comme de la R&D, et donc toucher les déductions du CIR (crédit impôt recherche).

Et souvent, 100% de ce temps est déclaré en R&D. Ce qui n’est pas un problème.

Le vrai problème pour vous est si le doctorant fait en réalité un job lambda comme le reste des employés de la boîte.

Vous êtes donc soumis aux contraintes et aux exigences de l’entreprise. Cette pression supplémentaire liée aux obligations professionnelles et à la réalisation de la thèse peut parfois être difficile à gérer.

Il faut faire des arbitrages conscients pour pouvoir faire fonctionner les différentes parties. Si vous ne le faites pas de manière consciente, ils s’imposeront à vous.

Le bilan d'une thèse CIFRE...

Comme vous voyez, il peut y avoir beaucoup de positifs et de négatifs. C’est un emploi qui comprend des qualités et défauts, comme tout emploi.

Mais l’essentiel dépend de votre capacité à avoir le « bon trio » !

Si vous avez le bon trio : sujet de thèse – bonne structure – bonne direction de thèse, tout se passera aussi fluidement que possible !

Bon courage si vous vous lancez dans l’aventure 👍

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2 Commentaires

  1. Richard

    Mon dossier Cifre vient d’être refusé au motif que l’entreprise d’accueil n’a aucun membre diplômé au niveau doctorat. Le directeur de thèse est bien docteur, mais cela ne semble pas suffisant… Ce point n’est as abordé dans votre article (par ailleurs très intéressant)

    Réponse
    • Nicolas

      Tout d’abord, désolé de lire que votre dossier n’a pas été retenu. Le cas que vous présentez a l’air un peu particulier (qui semble faire référence au montage du dossier plus qu’aux « avantages et inconvénients » si je ne fais pas erreur). Je vous ai envoyé un email pour plus de détails et je compléterai l’article en fonction, merci de l’info ! 🙂

      Réponse

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